1. Une guitare, un slogan, un message : Make Music Great Again
  2. Des guitares pour jouer… ou pour exposer ?
  3. Made in America… enfin presque
  4. Quand le rock se frotte à la politique
  5. Un instrument, ou un objet de campagne déguisé ?
  6. Alors… Trump va-t-il vraiment se mettre à la guitare ?

Imagine la scène : Donald Trump, silhouette iconique, cheveux disciplinés par la volonté divine, se lève en pleine réunion et annonce :

« I’ve decided to focus on music now. I’m going to make Rock’n Roll great again. »

Scandale ? Dérision ? Génie marketing ?
Spoiler : il ne s’est pas vraiment mis à jouer. Mais son nom, lui, trône bel et bien sur des guitares.

Bienvenue dans l’univers de Trump Guitars, une marque d’instruments lancée fin 2024 et qui ne laisse personne indifférent.

Une guitare, un slogan, un message : Make Music Great Again

Non, Donald Trump ne gratte pas des solos à la Hendrix (du moins pas à notre connaissance).
Mais depuis quelques mois, son nom est gravé sur le manche de guitares flamboyantes au design… disons, très “patriote”.

Aigles majestueux, drapeaux américains, inscriptions “God Bless the USA”, ou encore “Make America Great Again” incrustés comme des reliques électorales.

La marque Trump Guitars, officiellement soutenue par l’ancien président, est en réalité portée par l’agence “16 Creative”, une société fondée par des vétérans américains. Et même si Trump n’en est pas le propriétaire légal, il est incontestablement le visage – et le symbole – de cette entreprise atypique.

Des guitares pour jouer… ou pour exposer ?

Les modèles – électriques ou acoustiques – sont proposés entre 1 000 et 11 500 dollars selon les options, avec ou sans signature de Trump.

Mais soyons clairs : on n’achète pas une Trump Guitar pour jammer entre potes dans un bar jazz de Brooklyn.

Non. On l’achète pour ce qu’elle incarne, pour ce qu’elle affiche, pour ce qu’elle défend.
Un peu comme on achèterait une casquette MAGA en version collector… avec six cordes.

Made in America… enfin presque

Ironie du sort : bien que la marque insiste sur ses valeurs patriotiques, les guitares Trump sont majoritairement fabriquées en Chine, par l’entreprise Shenqu Guitars. Une enquête a révélé que ces instruments sont produits dans le comté de Zheng’an, haut-lieu de fabrication de guitares à bas coût.

Sur son site, Trump Guitars précise néanmoins qu’elles sont « custom designed par une équipe de vétérans avec l’aide d’un luthier américain« , et qu’elles sont assemblées via “plusieurs fournisseurs internationaux”.

De quoi faire grincer les dents de certains fans… ou de leurs opposants.

Quand le rock se frotte à la politique

Le design des Trump Guitars rappelle (de très près) la forme iconique des Gibson Les Paul. Un détail qui n’a pas échappé à Gibson, qui a immédiatement lancé une procédure judiciaire pour violation de propriété intellectuelle.

Résultat ? Le site de Trump Guitars affiche désormais une mention légale très claire :

“Aucune affiliation avec Gibson. Aucun lien avec les marques Les Paul.”
Une manière élégante de dire : “On a compris, mais on continue.”

Un instrument, ou un objet de campagne déguisé ?

Derrière le look vintage et les promesses de qualité “premium”, nombreux sont les spécialistes à estimer que les guitares Trump ne sont ni révolutionnaires, ni exceptionnelles en termes de son.

Un testeur affirme même qu’elles « valent 500 dollars au mieux », bien loin des 5 chiffres affichés sur les modèles signés.
Mais encore une fois, ce n’est pas là que se joue la partie.

Trump Guitars n’est pas un produit pour musiciens exigeants. C’est un symbole, un statement, un objet politique autant qu’une œuvre marketing. C’est le croisement improbable entre Nashville, une campagne électorale, et une vitrine de Hard Rock Café.

Alors… Trump va-t-il vraiment se mettre à la guitare ?

Rien ne l’indique.
Mais s’il le faisait, il y aurait fort à parier que le solo serait calibré, le riff provocateur, et le volume… à fond.

Trump Guitars n’est pas qu’une marque d’instruments.
C’est une leçon de branding moderne.
Un coup de médiatisation comme seul Donald Trump sait les orchestrer.

Et surtout : un rappel que dans le monde de la musique comme dans celui de la politique, le show passe parfois avant le son.


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